Les cancers pédiatriques

  Le cancer est souvent mentionné dans sa forme au singulier, mais cette utilisation est inadaptée. Derrière ce terme se cache en réalité plus d’une centaine de maladies très différentes. Différentes catégories sont généralement donnés suivant la localisation de la tumeur primaire (le point de départ de la maladie). Nous parlons par exemple de cancer du sein, cancer des poumons, cancer de la prostate … Cependant, encore une fois, ces noms regroupent  en réalité une grande diversité de cas : en termes d’origine, de progression, de symptômes, d’incidence et de pronostics.

   Certains cancers sont relativement rares alors que d’autres sont beaucoup plus fréquents. Pour un homme et basé sur les statistiques mondiales 2018, le taux d’incidence du cancer du poumon est 10 fois supérieur que pour les cancers du cerveau qui sont encore 8 fois supérieurs que ceux concernant les glandes salivaires par exemple. Certains types de cancers présentent des taux de rémission élevés (plus de 80% à 5 ans pour le cancer de la thyroïde) alors que d’autres demeurent malheureusement encore incurables (exemple du glioblastome, un type de cancer du cerveau).

  Outre la tumeur initiale, il est fréquent que la maladie se propage à d’autres parties du corps, c’est ce que l’on appelle  les métastases. Le cancer touche alors différentes parties du corps qui peuvent être éloignées.

 

  Le fonctionnement du corps des enfants ne ressemble pas à celui d’un adulte et les cancers des enfants ne ressemblent donc pas aux cancers des adultes. Il faut donc les distinguer des cancers des adultes  (même si parfois le nom utilisé est le même il s’agit souvent en réalité d’un autre sous-type de cancer). Les cancers pédiatriques touchent des organes qui sont souvent encore en développement et qui ont donc leurs caractéristiques propres. Ils peuvent se développer très vite car les cellules se divisent en plus grande quantités durant la croissance. Les avancées et traitements développés pour les cancers des adultes sont alors très peu transposables aux enfants. Ils nécessitent alors des recherches scientifiques et une attention spécifiques.

 Les causes des cancers pédiatriques demeurent quasiment complètement inconnues, ce qui rend impossible toute sorte de prévention ou détection précoce (comme on peut le faire pour certains cancers de l’adulte comme pour le cancer du sein avec des dépistages réguliers ou en prévention avec par exemple la mise au point de vaccin  pour le cancer du col de l’utérus où un virus a été mis en cause dans leur apparition). Les diagnostiquer demeure compliqué  car les signaux d'alerte sont peu nombreux et peu spécifiques et de part leur rareté, le cancer chez les enfants est peut être encore trop peu souvent suspectés. Pourtant :

 

  Les cancers pédiatriques constituent la 1ère cause de décès par maladie chez les enfants de plus d’un an.

  1 enfant sur 440 est susceptible de développer un cancer avant l’âge de 15 ans.


 

Ils sont classés en une soixantaine de formes différentes. Les cancers pédiatriques les plus fréquents sont :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les leucémies :

 

  Les leucémies sont dites des “cancers du sang et de la moelle osseuse”. Des cellules cancéreuses sont présentes au sein de la moelle osseuse, qui est l’usine de fabrication de toutes les cellules composant notre sang. Les composés sont alors mal fabriqués et le sang des patients atteints de leucémie ne remplit plus ces fonctions normales (transport d’oxygène, défense immunitaire ….). 

Elles représentent environ 30% des cancers pédiatriques. Différentes formes de leucémies existent certaines ont des taux de guérison à 5 ans d’environ 85% alors que d’autres sont de plus mauvais pronostics.  

 

Tumeurs cérébrales  : 

 

 Les tumeurs cérébrales peuvent prendre naissance à différentes parties du cerveau et touchent ainsi différents types de cellules. Elles peuvent également s'étendre à la moelle épinière rattachant notre cerveau au reste de notre corps.  Le taux de survie des enfants atteints de tumeurs du tronc cérébral n’a quasiment pas évolué sur les dernières décennies : il est inférieur à 1% sur 5 ans.

 

Les lymphomes et maladie de Hodgkin  :

  Les lymphomes sont des cancers du système lymphatique : responsable de la production de la lymphe et faisant partie du système immunitaire. C’est un réseau constitué de ganglions, glandes et vaisseaux où sont produits et stockés les globules blancs qui circulent dans tout notre corps pour combattre les infections. Les lymphomes peuvent s’initier à différents endroits du corps, les  ganglions et glandes étant présentes à plusieurs endroits. Les lymphomes guérissent actuellement dans des proportions avoisinant les 80%. 

 

Les neuroblastomes :

  Le neuroblastome est un cancer qui est initié dans les cellules nerveuses (neuroblastes) immatures (qui ne sont pas encore complètement devenues “adultes”) du système nerveux sympathique responsable de la transmission des signaux du cerveau vers d’autres parties du corps (comme pour effectuer un mouvement). La tumeur principale apparaît généralement dans l’abdomen, au niveau des glandes surrénales au-dessus des reins, au niveau du thorax ou du bassin. L’évolution des neuroblastomes va d’une régression spontanée du cancer (c'est-à-dire sans aucun traitement !) chez certains très jeunes enfants (en dessous de un an), à des tumeurs qui s’étendent très rapidement à plusieurs parties du corps et sont donc très difficiles à soigner.

Les néphroblastomes  :

  Le néphroblastome est une tumeur maligne du rein, qui survient généralement entre 1 et 5 ans et qui est très différente des cancers du reins survenant chez l’adulte. Ils représentent près d’une centaine de cas en moyenne en France.

 

Les ostéosarcomes :

  Les ostéosarcomes sont des tumeurs qui prennent naissance dans les os, ils peuvent toucher tous les os du corps mais sont généralement situés près du genou ou dans des os  dits “longs” : fémur, tibia, humérus. Ce sont des cellules osseuses nouvellement formées qui deviennent cancéreuses et forment des tumeurs très agressives qui évoluent rapidement.

 

Les rétinoblastomes : 

  Les rétinoblastomes atteignent les cellules de la pupille de l'œil. Des symptômes bien spécifiques  de ces tumeurs : reflet blancs, strabisme permettent généralement un diagnostic relativement précoce comparé aux autres cancers pédiatriques.